Témoignage4 min read

“Comme c’est un assistant, il corrige pas à ma place, et c’est ça que j’aime bien.”

Depuis septembre 2025, Sébastien utilise l’IA d’Ed, qu’il appelle d’ailleurs son « assistant », pour évaluer et corriger ses élèves de seconde.

Sébastien Guion, enseignant en mathématiques
Sébastien GuionEnseignant en mathématiques

Ed.ai, the #1 AI Grading Tool for Mathematics

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Utilisiez-vous l’IA avant Ed ?

Sébastien : Avant Ed, j’avais testé l’IA [générative] à ses débuts, par curiosité, pour le loisir : pour générer des images, par exemple. Dans un contexte plus professionnel, je m’y étais un peu lancé, mais pas pour corriger. J’ai quand même essayé de l’utiliser pour générer des exercices.

Quelle est la différence entre Ed et une IA généraliste ?

Sébastien : L’IA généraliste ne repère pas les erreurs comme le fait Ed. On sent qu’elle n’a pas absorbé de copies d’élèves : elle sait dire si c’est vrai ou faux, mais elle ne sait pas analyser l’erreur de rédaction de chaque élève.

Comment utilisez-vous Ed.ai ?

Sébastien : J’utilise Ed pour les grosses évaluations (DS, brevets blancs, devoirs maison), celles où j’écris des tonnes de remarques sur la manière de rédiger de mes élèves. Le faire 30 fois, c’est rébarbatif. Ce qui est rapide, je continue de le corriger à la main.

Il y a pas mal de propositions sur la remédiation. On peut en faire par classe : l’outil cible les compétences qui ont posé le plus de difficultés à chaque élève et nous fait un compte rendu. On choisit ensuite la remédiation en fonction de l’évaluation.

I don’t want my students to think math is just about guessing answers, points, and prizes. I want them to learn to work hard, fix mistakes, and explain their thought process.

Sébastien GuionEnseignant en mathématiques

Une fonctionnalité que vous utilisez particulièrement ?

Sébastien : Les élèves de troisième qui passaient le brevet ont bien pris Ed en main, en tout cas ceux qui ont envie de progresser. Ceux qui cherchent à se perfectionner vont aller fouiller, regarder chaque question, voir sur combien elle est notée, chercher les demi-points ratés. Ça les ravit.

Mais une majorité d’élèves, souvent en quatrième, font comme avec nos copies papier : ils regardent la note et poubelle. Ça a été pareil avec Ed : certains n’ouvraient même pas leur copie.

J’ai donc voulu les pousser à aller fouiller aussi. Ed permet d’enregistrer un audio, que je lance pendant que je corrige : l’élève entend mes réactions et sait ce que j’attends de lui. « Telle question, c’est bien. Là, j’attendais un titre. Là, souviens-toi, dans le cours, on a fait ceci. »

Ed vous a-t-il inspiré de nouvelles pratiques pédagogiques ?

Sébastien : Je génère un QR code sur Ed et je le mets en bas de mes devoirs maison.

Les élèves scannent leur copie quand ils veulent pour rendre leur devoir. Je la corrige, mais je ne leur donne que la note. Par exemple je leur dis : « Pour l’instant, tu as 7/10. Si ça te convient, tu as fini. Si tu veux t’améliorer, renvoie-le autant de fois que tu veux avant la date butoir. »

Ils peuvent réessayer jusqu’à atteindre leur objectif.

Avez-vous remarqué un impact concret sur vos élèves ?

Sébastien : Pour les élèves très durs à aller chercher, ce n’est pas un coup de baguette magique. Et on est encore au début de cette technologie.

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Sébastien GuionEnseignant en mathématiques

Un élève me l’a dit : « En reprenant ma copie et en réessayant, je me suis rendu compte que sur telle question, j’aurais pu y arriver. » Quelqu’un qui avait 9, si proche du sans-faute, découvre qu’il a fait des erreurs d’étourderie, ou qu’il a abordé une question autrement qu’en exercice alors qu’il savait faire. D’un coup, il apprend une leçon sur lui-même : je suis capable, cette note ne reflète pas qui je suis, mais le travail fourni ce jour-là. Pour l’estime de soi à cet âge, ça change radicalement.

Les plus brillants, eux, s’en servent pour devenir encore meilleurs. Je dirais que ça peut aider les trois quarts des élèves.

Comment les élèves et les familles ont-ils réagi ?

Sébastien : Avec mes collègues, on avait peur que les familles ou les élèves montent au créneau en disant : « Les enseignants utilisent l’IA et nous, on nous empêche de l’utiliser, ce n’est pas juste. »

Sauf que quand les élèves sont attirés par la nouveauté.

Et finalement, j’ai été agréablement surpris. Les familles ont compris que c’était un assistant du professeur, et que ça n’allait pas me remplacer, loin de là. Elles s’y sont plongées assez facilement, surtout quand elles ont vu ce que ça pouvait offrir sur la correction.

Une copie corrigée avec Ed contient dix fois plus de retours qu’une copie papier. Avant, j’en avais marre d’écrire en haut de chaque copie : révise tel morceau, regarde la rédaction du cours, pense à faire ceci… On l’écrit sur les trois premières, puis on s’en lasse. Sur Ed, on fait un copier-coller, ou il propose lui-même un commentaire.

Concrètement, qu’avez-vous gagné en utilisant Ed ?

Sébastien : Ça m’a réconcilié avec l’évaluation. Je mets trois fois moins de temps à corriger un tas de copies.

Je n’y passe plus qu’une heure, avant c’était trois.

Ce temps libre, en tant qu’enseignant, on ne le passe pas en transat sur la terrasse. Il sert à chercher de nouveaux moyens d’aider les élèves. C’est comme ça que je me suis mis à l’audio : trois minutes par copie au lieu de deux, mais c’est un vrai plus.

Surtout, ça m’amène à faire beaucoup plus d’évaluations formatives, qui prennent un cliché de ce que sait faire l’élève à un instant donné.

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Sébastien GuionEnseignant en mathématiques

Que conseilleriez-vous à vos collègues ?

Sébastien : Se lancer, ne pas avoir peur de l’outil. C’est de l’apprentissage : on est tous passés par là. Pas besoin de tout faire dès le début ni de se mettre la pression. On se familiarise avec les fonctionnalités au fur et à mesure, et ça vient avec le temps. Quand ils verront le temps gagné sur la correction et la création d’exercices de remédiation, je pense que tout le monde sera convaincu. Moi le premier.

Quel regard portez-vous sur l’arrivée de l’IA en classe ?

Sébastien : Je vois l’IA comme un moyen d’enlever les tâches rébarbatives. Nous, enseignants, on fera davantage appel à notre expertise : savoir quelles compétences on attend, comment débloquer chaque élève. Ce côté expert, on ne le perdra pas, et c’est là-dessus qu’on sera davantage sollicités.

J’ai toujours un peu touché à l’informatique et j’ai vu son évolution au fil des années. J’ai vu les machines remplacer mon premier travail, qui était manuel. Pour moi, c’est la suite logique, mais ça ne remplacera pas notre travail.

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