Témoignage

Témoignage d’un prof de maths philosophe

January 30, 2026
Lui, c’est Corentin. Ce n’est pas un utilisateur comme les autres : il fait partie des premiers expérimentateurs de l'outil Ed. Titulaire sur Zone de Remplacement, ce prof de maths école-trotter a enseigné en voies technologiques et générales, au collège et au lycée, dans les établissements des villes et ceux des zones rurales. Aujourd’hui, il enseigne au lycée, à Saint-Etienne. Ça fait un an qu’il utilise Ed et, vous allez voir, il a beaucoup de choses à dire.

Interview

Ed : Hello Corentin. Raconte-nous comment as-tu entendu parler de Ed ?

Corentin : J’avais reçu un message de l'Education Nationale disant qu’on cherchait des volontaires pour une expérimentation dans la correction de copie avec l'IA. Je me suis dit, pourquoi pas !

Ed : Est-ce que tu avais des appréhensions ou des a priori avant de te lancer ?

On a eu des débats entre collègues sur l’IA ; certains étaient très enthousiastes, d’autres franchement réticents. Moi ça m’intéressait de voir comment l'outil pouvait me servir ; comment il pouvait alléger une partie de mes tâches « pas si intelligentes que ça ». Je pense à la récurrence de vérifier telle erreur ou de compter les points sur un exercice. L’idée était de pouvoir me concentrer sur la partie plus pédagogique de mon travail (les barèmes, la préparation des interrogations).

Évidemment je ne m’attendais pas à ce que soit 100% performant mais le fait que ce soit un outil.



Encore une fois, je me disais que ça rendrait mes corrections peut-être plus objectives.

Il faut avoir en tête que pour beaucoup de profs, la correction de copies est un travail ingrat, ça demande un temps phénoménal.

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Ed : En maths, corriger est souvent vu comme plus objectif que pour les matières littéraires. Mais la correction des copies ne se limite pas à l’obtention du bon résultat. Comment décrirais-tu ton processus de correction ?

La correction en maths connaît ses clichés. Pourtant, des études démontrent que les écarts de notes entre profs de maths peuvent être énormes. Et pour une raison simple : tout dépend du barème. Est-ce que je vais compter telle erreur ? Est-ce que je vais compter la rédaction ? Qu'est-ce que j'attends sur cette question ?

Quand on corrige, on ne regarde pas que le résultat, c'est le raisonnement de l'élève qui prime. C'est beaucoup plus complexe que juste ou pas juste. Il arrive que j'aie des élèves qui partent sur des raisonnements que je n'avais pas prévus du tout. 

Ed : Comment l’IA a-t-elle changé ta façon de corriger ?

Corentin : J'essaie d'anticiper davantage les erreurs des élèves.

Je prends plus de temps pour faire les barèmes, chose que je ne faisais pas avant parce que quand on est pris dans la correction de copies, se faire un barème détaillé c'est un peu plus compliqué.

Avec Ed, j’ai dû me forcer réellement à réfléchir à ce que je voulais. L’IA répond à mes attentes et colle au plus près avec ma manière de corriger, uniquement si j’explicite en amont ce que j’attends de la correction. Il lui faut une feuille de route.

J'ai changé mon mode de fonctionnement aussi.

En perdant moins de temps sur la correction, je peux faire plus d'évaluations formatives.

Je donne aux élèves un DM une fois par semaine qu’ils doivent traiter pour le lundi par exemple.  L’idée ensuite c’est que l’évaluation en classe porte sur le DM.

Donc je prends le temps de préparer l'interrogation avec eux, de clarifier ce que j'attends d’eux et d’affiner le barème. Je veux vraiment que l’IA suive ce que je dis aux élèves. Si ce n’est pas le cas, je considère que c'est moi qui suis en faute, ce n'est pas l'IA. L’IA est un outil.

Et quand une interrogation n’a pas fonctionné, j’ai l’impression que l’outil m’aide à prendre du recul. Je me surprends à être plus bienveillant à l’égard de mes élèves. En même temps, quand on passe 5h à corriger des copies et que ça n’a pas marché, ça tend un peu parfois, avec le risque que le barème perde en objectivité. Il y a une vraie charge émotionnelle. Grâce à l’IA, j’économise ce temps et cette tension, et je prends beaucoup plus de recul.

Une fois les copies corrigées, je les rends aux élèves sans les annoter (je trouve ça un peu violent de tout barrer). Je renvoie les élèves aux corrections dans leur espace ENT.

Pour les encourager à regarder la correction, je ne mets pas les notes sur Pronote tout de suite. S’ils veulent les connaître, ils doivent consulter sur la plateforme la correction l’analyse des résultats proposée par Ed, que je trouve vraiment intéressante.

Ed : En voyant les premiers résultats de la correction avec Ed, y a-t-il des choses qui ont attiré ton attention ?

Deux choses.

D’abord, il y a un truc incroyable avec cette application, ce sont les annotations et le détail des commentaires que fait l’IA.

Personnellement, je n’ai pas cette capacité à aller chercher le positif dans une copie qui par exemple a 2 sur 20. Ça prend un temps infini que malheureusement je n’ai pas.

Mais Ed trouve toujours des réussites là où je sèche ! C’est génial parce les élèves ont la possibilité de se raccrocher à quelque chose et j’ai remarqué que j’ai moins de décrochage.

Ensuite, il y a le fait que l'IA dise qu’elle n'est pas sûre de sa correction. Je le vois écrit dans le résumé des notes de mes élèves et sur chaque exercice concerné dans les copies.

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